 Herman Van Rompuy. (THE ASSOCIATED PRESS/Geert Vanden Wijngaert)
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Herman Van Rompuy, un "conciliateur" à la tête de l'UE, selon VGE
2009-11-20 07:33:00
THE ASSOCIATED PRESS
PARIS - En désignant le Premier ministre belge Herman Van Rompuy à la présidence permanente de l'Union, les Vingt-Sept "n'ont pas fait le choix d'un (George) Washington" pour l'Europe mais d'un homme "aux qualités de conciliateur", souligne l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing dans un entretien publié vendredi par le quotidien "Le Monde".
"J'aurais souhaité un président fort (...) On a fait un autre choix, celui d'une personnalité moins marquée, aux qualités de conciliateur", déclare VGE, qui présida entre 2002 et 2003 la Convention européenne à l'origine du traité de Lisbonne.
A ses yeux, "les dirigeants européens actuels ne voient pas le président au-dessus d'eux mais, au mieux, parmi eux: une personnalité représentative de la moyenne du système".
Reconnaissant avoir espéré que l'actuelle période de transition "soit plus courte", il estime cependant que les nouvelles institutions européennes nées du traité de Lisbonne "pourront servir dans l'avenir à concevoir des fonctions plus fortes".
A propos du poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, l'ex-président s'étonne qu'il soit revenu à la Britannique Catherine Ashton "en raison des orientations mêmes de la diplomatique britannique, pro-américaine, et engagée fortement dans la guerre en Irak et en Afghanistan".
"Cela, ce n'est pas la position européenne, nous agissons dans ces lignes mais avec des retenues, des interrogations", poursuit-il, notant toutefois que "hiérarchiquement, le président du Conseil est clairement au-dessus du Haut représentant".
Si le président et le Haut représentant "ont des champs d'action différents", au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement pour l'un, des ministres des Affaires étrangères pour l'autre, "l'objectif à atteindre est que l'Europe s'exprime d'une seule voix avec une position unique aux Nations unies, sur les grands conflits mondiaux ou sur l'évolution de la planète", note VGE.
Quant à la relation entre l'UE et les Etats-Unis, il considère comme une chance la position de retrait adoptée par l'actuel chef de la Maison Blanche.
"Le fait que le président Barack Obama paraisse jusqu'ici peu concerné par les questions européennes constitue une opportunité qui facilite l'organisation et l'aménagement d'un espace européen unifié, entretenant avec les Etats-Unis un climat de confiance et de coopération", analyse M. Giscard d'Estaing.