Départ de Nathalie Normandeau: des réactions mitigées selon les milieux
2011-09-06 21:50:00
La Presse Canadienne
MONTRÉAL - L'annonce de la démission de la numéro deux du gouvernement Charest, Nathalie Normandeau, a provoqué des réactions mitigées mardi.
Le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Gérard Deltell, a souligné la feuille de route «bien remplie» de la ministre des Ressources naturelles et vice-première ministre.
Dans un communiqué de presse, il ajoute qu'elle a servi ses citoyens «avec conviction». L'adéquiste souligne par ailleurs qu'il s'agit d'une autre perte pour le gouvernement libéral de Jean Charest. Il ajoute que Nathalie Normandeau était déléguée par son patron pour «mettre le couvercle sur la marmite des dossiers chauds».
Gérard Deltell rappelle également que la démission de la ministre très en vue dans le gouvernement libéral s'ajoute à celles de plusieurs poids lourds du gouvernement depuis 2007, dont Benoît Pelletier, Philippe Couillard, Monique Jérôme-Forget et Jacques Dupuis.
Les deux regroupements des municipalités québécoises, soit l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), ont tous deux souligné la collaboration de Nathalie Normandeau lorsque celle-ci occupait la fonction de ministre des Affaires municipales.
L'UMQ et la FQM rappellent que la première entente de partenariat fiscal et financier négociée entre le milieu municipal et le gouvernement du Québec en avril 2006 a été signé alors que Mme Normandeau était à la tête du ministère.
«Son travail en tant que mairesse de la municipalité de Maria (en Gaspésie) lui a donné une compréhension des enjeux qui était très appréciée des maires et des mairesses du Québec», a souligné le président de la FQM, Bernard Généreux.
«Rassembleuse, elle était sans cesse à la recherche de solutions et jamais à la recherche d'affrontements», a de son côté affirmé le président de l'UQM, Éric Forest.
Mais Nathalie Normandeau ne faisait pas l'unanimité. Elle a notamment été critiquée pour sa gestion du dossier des gaz de schiste, se mettant à dos nombre d'organismes voués à la protection de l'environnement.
Greenpeace n'a pas manqué de souligner, une dernière fois, ses nombreuses doléances à l'égard de la ministre.
«Alors que le Québec aurait dû aller plus loin dans le développement des énergies renouvelables, la ministre Normandeau a fait reculer le Québec en ouvrant la porte à l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole au Québec», a écrit le président de la section québécoise, Éric Darier.
La députée de Bonaventure, responsable du Plan Nord, s'est aussi attirée les foudres chez les détracteurs de ce dernier.
«Plutôt que de permettre au Québec de se positionner comme leader d’un développement respectueux de l’environnement, la ministre Normandeau nous a lancé tête première dans un chantier industriel nordique à la solde des lobbys miniers tout en ignorant les grands enjeux de protection de la nature et en offrant pour quelques bouchées de pain les ressources appartenant à tous les Québécois», souligne le communiqué de Greenpeace Québec.
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