La belle a mis en garde le public : «Pendant deux heures, vous vous demanderez quand ça va arrêter.» Alors que cette approche semble risquée pour une sortie commerciale, Jolie insiste pour dire qu’elle ne pouvait faire autrement. «Je crois que, si vous regardez un film sur une guerre, vous devez ressentir ce que c’était vraiment. Nous avons tenté de rendre le tout authentique», dit-elle.

La guerre en Bosnie, portée à l’écran par une histoire d’amour entre un officier serbe (Goran Kostic) et une réfugiée bosniaque (Zana Marjanovic), a été atroce. Et Jolie a dû intégrer des moments très durs à son film. «C’est impossible d’adoucir une guerre, explique-t-elle. La version de quatre heures et demie avant le montage était bien pire. Les scènes les plus horribles ont été coupées parce que les spectateurs n’auraient pu les tolérer.»

Ce qui est le plus troublant, ce sont les détails qui nous rappellent que ce conflit s’est déroulé dans la cour arrière de l’Europe, il y a à peine 20 ans. Jolie ne voulait pas donner aux gens un sentiment de culpabilité, mais plutôt attirer l’attention sur un phénomène qui n’en a pas reçu suffisamment. «Je ne voulais pas que les gens se sentent coupables, mais c’est la réaction de plusieurs. Ils se sentent coupables de ne pas avoir réagi à l’époque, raconte l’actrice. Je me sens coupable. Je n’en savais pas assez. C’est normal de se sentir ainsi par rapport à cette guerre en particulier.»

Si le projet a été mené à terme en grande partie grâce à son nom, ça ne veut pas dire que Jolie a eu droit à une foule de ressources. Chacune des scènes a été tournée deux fois – dans la langue locale et en anglais, pour ne pas refroidir les distributeurs avec des sous-titres, ce qui a considérablement compliqué le tournage.

«Tout devait se faire rapidement. Nous avions 41 jours et 12 M$, et plus de 3 ans de guerre à couvrir – donc des saisons différentes à filmer, raconte Jolie. Je sais maintenant combien coûte la neige! Quand je voulais recouvrir la Yougoslavie de neige, on me disait : "OK, ça va coûter 100 000 $." Alors, je disais : "Combien je peux en avoir pour 20 000 $."»

En réalisant son premier long métrage, Angelina Jolie s’est rappelé les leçons apprises auprès des réalisateurs avec lesquels elle a tourné et qu’elle admire, comme Clint Eastwood. «Clint m’a appris qu’il fallait s’entourer d’une bonne équipe et y faire régner le respect, indique-t-elle. J’ai tenté d’établir un climat familial.» 

L'Afghanistan maintenant?

En entrevue à 60 minutes pour In the Land of Blood and Honey, Angelina Jolie a glissé que son prochain projet derrière la caméra pourrait porter sur à la guerre en Afghanistan. Bien que le producteur Graham King soit prêt à monter à bord, Jolie indique qu’elle a peut-être parlé un peu trop vite. «C’est sur mon bureau, mais je ne l’ai encore montré à personne. Je ne sais même pas si c’est bon!»

«Au cours des 10 dernières années, j’ai visité de nombreux soldats blessés et de nombreuses femmes soldates, raconte Jolie. On entend très peu parler d’elles. Et toute la dynamique entre les hommes et les femmes dans l’armée est intéressante. Mais je ne sais pas si je vais montrer le projet à quelqu’un…» Maintenant, elle n’a presque plus le choix.

In the Land of Blood and Honey
En salle le 27 janvier