Le député de Labelle a reconnu jeudi qu'il «risque de frapper un mur», mais qu'«il faut avoir des idéaux».

Il suggère notamment de changer la disposition des sièges en Chambre et la période de questions, de remplacer le nom de l'opposition, de réformer le mode de scrutin uninominal à un tour, d'intégrer des ministres de l'opposition au gouvernement, bref, d'en finir avec les caractéristiques du système britannique.

Et de plus, il propose priver d'indemnisation les députés qui démissionnent avant la moitié de leur mandat et de passer au financement des partis par l'État, sans sollicitation de dons.

Après Bernard Drainville, le député de Labelle a ainsi soumis à son tour jeudi un manifeste qu'il veut non partisan pour regagner la confiance de la population.

«Les citoyens ne veulent plus vivre leur démocratie aux quatre ans, mais pendant quatre ans», a-t-il affirmé en conférence de presse au parlement.

Il assure que l'essentiel de ses recommandations étaient prêtes il y a un an et qu'elles ne sont pas justifiées par la crise qui secoue son parti depuis le printemps. Il a reconnu toutefois que le moment est plus opportun maintenant qu'il y a quelques mois.

«Je ne souhaite surtout pas que ce soit interprété comme une réaction à ce qu'on (les péquistes) a vécu ces derniers mois, a-t-il dit. Je serais très triste si c'était la perception que les gens retiendraient, parce que ce n'est absolument pas le cas.»

À l'instar de son collègue M. Drainville, M. Pagé suggère des mécanismes de référendum d'initiative populaire et de révocation de député, ainsi que des élections à date fixe.

Mais il va beaucoup plus loin. Dans son manifeste d'une trentaine de pages, issu d'assemblées tenues sur plusieurs années et de consultations de ses pairs de tous les partis, il écrit que «le parlementarisme britannique nous a légué une tradition politique de confrontation». Il faut maintenant passer à la collaboration, selon lui.

«Pour prendre de grandes décisions, des virages difficiles, audacieux, il faut que la population soit disposée à écouter ceux qui proposent, a-t-il dit. Pour un grand nombre de concitoyens, ce n'est plus le cas, la communication ne passe plus. Il est temps et nécessaire de rétablir le contact, de rebâtir cette confiance, de tout mettre en place pour briser ce cynisme.»

Exit le nom d'opposition, le parti qui n'est pas élu à la majorité pourrait s'appeler «deuxième parti», et ainsi de suite. L'espace de l'Assemblée nationale pourrait être reconfiguré pour adopter l'hémicycle et faire asseoir les députés des diverses formations côte à côte.

La période de questions serait revue: les questions seraient soumises au ministre deux heures avant et le président de l'Assemblée nationale jugerait de sa recevabilité. Les citoyens pourraient aussi poser leurs propres questions.

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