Une réunion spéciale du comité municipal chargé du dossier a été tenue à la demande du maire mardi, et le seul point à l'ordre du jour était le vote pour démettre le dirigeant de la TTC, Gary Webster.

Des observateurs de la scène municipale torontoise ont expliqué que l'emploi de M. Webster était sérieusement menacé parce qu'il était en désaccord avec le maire et son projet de construction de nouvelles lignes de métro.

La commission, formée de neuf personnes, a voté à cinq contre quatre voix en faveur du renvoi de M. Webster et d'un recrutement actif d'un nouveau directeur.

M. Webster a souligné qu'il ne s'attendait pas à une telle tournure des événements, ajoutant qu'il acceptait la décision et qu'il était très fier de la TTC, une «formidable organisation». Cet ingénieur civil de formation travaillait au sein de la TTC depuis 35 ans.

La présidente de la TTC, Karen Stintz, qui a voté contre la motion pour renvoyer M. Webster, a de son côté déclaré que c'était une journée difficile.

«Mais je pense que les valeurs que nous avons sont partagées par Gary Webster, et ces valeurs survivront à la décision», a-t-elle avancé.

Plus tôt en journée, le premier ministre ontarien Dalton McGuinty avait fait part de son exaspération devant le climat politique qui existe au conseil municipal de Toronto.

Les conseillers sont incapables d'en arriver à un compromis quant à l'avenir du système de transport en commun dans la ville.

Plus tôt en février, M. Ford et ses alliés ont perdu une bataille cruciale lorsque le conseil municipal s'est exprimé en faveur du train léger sur rail.

Le maire avance que ce vote n'avait pas d'effets directs, parce que la province continuerait à mettre en place son projet de métro. Mais Dalton McGuinty a affirmé qu'il devait respecter l'avis du conseil concernant l'avenir du transport en commun à Toronto.

Les conseillers municipaux ont voté en faveur d'un plan prévoyant l'installation de trains légers sur rails sur les avenues Eglinton et Finch West, de même que pour l'étude d'un prolongement du métro sur l'avenue Sheppard.

Le gouvernement de la province attend toujours les résultats de cette étude.

En 2007, le premier ministre McGuinty s'était engagé à fournir une enveloppe de 8,15 milliards $ pour un programme baptisé «Transit City», qui favorisait l'installation de trains légers sur rails pour le secteur des rues Eglinton, Sheppard, Finch et Scarborough. Le financement de ce programme était presque entièrement assuré par la province, les conservateurs fédéraux se contentant de donner 300 millions $.

Mais dès l'élection de Rob Ford à l'hôtel de ville de Toronto, en 2010, celui-ci a mis une croix sur ce projet, plaidant qu'il ne voulait pas davantage d'obstacles dans les rues de Toronto.

«Vous savez que nous avions déjà un plan A sous l'administration Miller, puis un plan B avec le maire Ford, et on nous demande maintenant d'examiner un plan C», a lancé le premier ministre McGuinty, mardi.

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